Mardi 25 août 2026… Goodbye Dolly

Dolly Parton, victime d’un crabe agressif, est décédée à Nashville mardi 25 août 2026 à l’âge doublement canonique de 80 ans.
Noirs et blancs, pauvres ou riches, Républicains comme Démocrates, binaires mais aussi excentriques, tous aimaient Dolly. Plus qu’une légende de la country music, elle était tout à la fois une incarnation pétillante du rêve américain et une philanthrope particulièrement généreuse de sa personne et de sa fortune. Via sa fondation, elle finançait aussi bien la recherche de vaccins urgents que le secours aux victimes d’ouragans… Persuadée de la supériorité des livres sur les prothèses numériques envahissantes, elle en a offert plus de 300 millions (histoire de transmettre le goût de la lecture et l’envie d’apprendre) aux kids défavorisés.
Une intelligence bluffante
Avisée comme un singe instruit de toutes les grimaces, elle a su, soixante ans durant, mener une carrière brillante – 100 millions de disques vendus couronnée de onze Grammy Awards – et bâtir un empire avec en point d’orgue son propre parc d’attractions érigé dans son Tennessee natal : Dollywood.
Avec un look féminin exubérant, improbable donc sur un Vieux Continent par trop cérébral, terrorisé par la dictature des minorités revanchardes, procédurières, castratrices – perruque léonine et peroxydée, maquillage de Cadillac volée, bouche pulpeuse, sourire irrésistible, décolleté éloquent voire grandiloquent, taille de guêpe pas folle, strass et paillettes de poupée western -, Dolly respirait la joie de vivre, l’humour affranchi, l’intelligence bluffante. Faut-il le préciser, elle était le contraire de la blonde de service – nunuche et facile – sans pour autant déclarer la guerre aux cowboys. Sa chanson Just Because I’m a Woman en atteste.
Dans l’Amérique de 2026, plus divisée que jamais, sa popularité tous azimuts tenait du prodige. Sans doute que ses compatriotes lui savaient gré de ses fidélités : à la liberté, à la famille, à la justice sociale, à la Terre où l’on grandit, à la Nature, à l’American way of life des Appalaches ponctuée de rodéos, de barbecues, de solidarités communautaires… et, Amérique oblige, à Dieu qui, précise-t-elle « n’a jamais jugé personne ».
La revoir sur Arte
En France aussi beaucoup avaient mis l’idole sur un piédestal. Fans de country et gays en goguette trépignaient de concert dans l’espoir qu’elle vienne se produire dans l’Hexagone. Iceux qui connaissent l’histoire et la portée de la country music en Amérique mesurent que sa disparition laisse un gouffre aussi profond que celles d’Elvis Presley et Johnny Cash.
Donald (avec des commentaires à la Trump), a décrété the Star-Spangled Banners en berne for a week. Le gratin mondial (Obama, Jagger, Bezos, Clinton, McCartney, Cook etc…) a twitté des hommages émus à l’icône éteinte.
Pour découvrir la compositrice de Coat of Many Colours derrière le kitch, regardez le docu de Nicolas Maupied sur Arte TV intitulé Dolly Parton, l’Amérique réconciliée… Exhaustif et édifiant.



